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Seconde puberté : mythe TikTok ou vrais changements hormonaux ?

Acné qui revient, règles qui changent, poils inattendus : sur les réseaux, on appelle ça la « seconde puberté ». L'expression n'a rien de médical, mais les changements qu'elle décrit, eux, existent.

Seconde puberté : mythe TikTok ou vrais changements hormonaux ?

Vingt-cinq ans, un CDI, un appartement à soi... et des boutons comme en troisième. Sur TikTok, les vidéos de femmes qui ont l'impression de revivre leur adolescence s'accumulent sous un même mot-clé : la « seconde puberté ». Sauf que derrière l'expression virale, il y a un peu de vrai et beaucoup de raccourcis.

La seconde puberté existe-t-elle vraiment ?

Pas au sens médical. Il n'existe aucune définition officielle de la « seconde puberté » : c'est une expression du langage courant pour désigner les changements du corps à l'âge adulte, comme le rappelle le site santé américain Healthline, dans un article relu par un médecin.

Ce qui ne veut pas dire que tout s'arrête au lycée. La puberté elle-même peut se poursuivre jusqu'à 18 ans, avec un calendrier très variable d'une personne à l'autre, selon Santé.fr. Et certains chantiers continuent ensuite : d'après la Fondation internationale de l'ostéoporose, le pic de masse osseuse, c'est-à-dire la solidité maximale des os, n'est atteint que vers 20 ans.

Pourquoi l'acné revient-elle à 20 ou 25 ans ?

C'est le symptôme le plus cité, et il n'a rien d'exceptionnel. Selon l'Assurance maladie, l'acné concerne environ 25 % des femmes adultes. Elle peut prolonger une acné d'adolescence jamais vraiment guérie, ou apparaître pour la première fois à l'âge adulte.

Dans une étude américaine publiée en 2008 dans le Journal of the American Academy of Dermatology, 50,9 % des femmes de 20 à 29 ans interrogées déclaraient être concernées par l'acné. Un chiffre à prendre avec prudence, puisqu'il repose sur l'auto-déclaration, mais qui montre qu'on est loin d'un phénomène marginal. Sur le sujet, on a d'ailleurs fait le tri entre les conseils de TikTok et ceux de la science.

Arrêter la pilule peut-il tout changer ?

C'est l'autre grand classique des témoignages. Logique : certaines pilules sont justement utilisées contre l'acné. La Haute Autorité de santé recommande ainsi les pilules de 1re ou 2e génération en première intention chez les femmes concernées. Quand on arrête une contraception qui jouait aussi ce rôle, la peau peut retrouver le fonctionnement qu'elle avait avant. Pas une nouvelle puberté, donc, plutôt un retour à la case départ, parfois oublié depuis des années.

Seconde puberté : quels symptômes doivent alerter ?

Le piège d'une étiquette virale, c'est de tout lui attribuer. Chez la femme adulte, une acné associée à une pilosité abondante ou à des troubles des règles peut traduire un excès d'androgènes, ces hormones dites masculines, rappelle l'Assurance maladie. On recherche alors notamment un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Ce trouble hormonal touche environ 10 % des femmes, selon Santé.fr. Il peut associer hyperpilosité, acné, chute de cheveux et cycles longs, de plus de 35 à 40 jours. Santé.fr note d'ailleurs que des règles irrégulières sont souvent attribuées à tort à l'adolescence. Pour aller plus loin, on a détaillé ce qu'il faut savoir sur le SOPK, devenu SMOP.

D'autres pistes existent. Une prise de poids accompagnée de fatigue, d'une plus grande sensibilité au froid ou d'une peau sèche peut par exemple évoquer une hypothyroïdie, selon Santé.fr.

Quand consulter ?

L'Assurance maladie conseille de consulter si l'acné résiste aux soins d'hygiène et aux traitements locaux, si les lésions s'étendent, si des kystes ou des cicatrices apparaissent, si elle pèse sur le moral, ou si elle s'accompagne d'un cycle perturbé ou d'une pilosité excessive. Le médecin pourra chercher une cause et proposer une prise en charge adaptée.

La « seconde puberté » n'existe pas dans les manuels de médecine. Les questions qu'elle soulève, elles, méritent mieux qu'un hashtag.

FAQ : seconde puberté

La seconde puberté est-elle un terme médical ?

Non. C'est une expression du langage courant, sans définition officielle, utilisée pour décrire les changements du corps à l'âge adulte.

L'acné adulte est-elle fréquente ?

Oui. Selon l'Assurance maladie, elle concerne environ 25 % des femmes adultes, qu'elle prolonge une acné d'adolescence ou qu'elle apparaisse à l'âge adulte.

Arrêter la pilule peut-il faire revenir l'acné ?

C'est possible : certaines pilules sont utilisées pour traiter l'acné, selon la Haute Autorité de santé. À l'arrêt, la peau peut retrouver son fonctionnement d'avant.

Quand faut-il consulter ?

Quand l'acné résiste aux traitements locaux, s'étend, laisse des cicatrices, pèse sur le moral, ou s'accompagne d'un cycle perturbé ou d'une pilosité excessive, selon l'Assurance maladie.

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Sources : Assurance maladie, Haute Autorité de santé, Santé.fr, Fondation internationale de l'ostéoporose, Journal of the American Academy of Dermatology (Collier et al., 2008), Healthline.

Publié le par Julie

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