Health
SOPK, devenu SMOP : ce qu'il faut savoir sur ce trouble hormonal fréquent
C'est l'un des troubles hormonaux les plus fréquents chez les femmes, et l'un des plus mal connus. Il vient même de changer de nom. Le point sur ce que l'on sait du SOPK, désormais appelé SMOP.
Pendant des années, beaucoup de femmes ont entendu le même résumé en consultation : « vous avez des kystes sur les ovaires ». Sauf que ce ne sont pas des kystes. Et que le problème ne se limite pas aux ovaires. C'est justement pour cette raison que le syndrome des ovaires polykystiques vient d'être rebaptisé.
Un syndrome très fréquent, et souvent ignoré
Selon l'Organisation mondiale de la santé, le SOPK touche 10 à 13 % des femmes en âge de procréer, ce qui en fait l'un des troubles hormonaux les plus fréquents chez les femmes. L'Assurance maladie avance une fourchette de 6 à 13 %, de l'adolescence à la ménopause. L'OMS ajoute un chiffre qui donne le vertige : jusqu'à 70 % des femmes concernées ne seraient pas diagnostiquées.
Et quand le diagnostic arrive, il prend du temps. Dans une enquête internationale menée auprès de femmes concernées, un tiers disait avoir attendu plus de deux ans, et près de la moitié avait consulté au moins trois professionnels avant d'avoir une réponse.
Pas des kystes, et pas seulement les ovaires
Ce que l'échographie montre, ce ne sont pas des kystes mais une multitude de follicules dont le développement s'est arrêté, explique l'Assurance maladie. À l'origine, un dérèglement hormonal qui implique à la fois les ovaires et l'hypophyse : les ovaires produisent trop d'androgènes, des hormones dites masculines, ce qui perturbe l'ovulation. La cause exacte reste inconnue, mais une vingtaine de gènes de prédisposition ont été identifiés, et avoir une mère ou une sœur concernée augmente le risque.
Le syndrome a aussi une forte composante métabolique. La résistance à l'insuline y est très fréquente, y compris chez des femmes de poids normal, comme l'a montré une étude publiée dans Human Reproduction en 2013. C'est pour rendre compte de cette dimension que des experts internationaux ont proposé un nouveau nom, publié dans The Lancet et présenté en mai 2026 au Congrès européen d'endocrinologie, rapporte Vidal : SMOP, pour syndrome métabolique, ovarien et polyendocrinien, selon la formulation retenue par l'Assurance maladie. Les deux noms vont cohabiter pendant une transition de trois ans, précise La Revue du Praticien.
Des symptômes qui arrivent en ordre dispersé
Cycles irréguliers ou absents, acné, pilosité excessive (elle concerne environ 70 % des femmes atteintes, selon Santé.fr), chute de cheveux, difficultés à concevoir : les signes sont variés, et chacun peut mener chez un spécialiste différent. Environ la moitié des femmes concernées rencontrent des difficultés de fertilité, liées à une ovulation rare ou absente, d'après l'Assurance maladie.
Pour poser le diagnostic, les médecins cherchent au moins deux critères sur trois (cycles irréguliers, excès d'androgènes visible ou mesuré, aspect particulier des ovaires), une fois les autres causes écartées. Depuis les recommandations internationales de 2023, le dosage de l'hormone AMH peut remplacer l'échographie chez l'adulte, explique Vidal. Le bilan sanguin se fait en général entre le 2e et le 5e jour du cycle, et c'est le médecin qui en choisit le contenu. Chez l'adolescente, l'échographie et l'AMH ne servent pas au diagnostic.
Mode de vie et traitements : ce qui est recommandé
Les recommandations internationales de 2023 misent d'abord sur le mode de vie, sans promesse miracle. Côté assiette, elles ne trouvent aucune preuve qu'un régime soit supérieur à un autre : une alimentation équilibrée suffit. Côté mouvement, Vidal rappelle l'objectif d'au moins 150 minutes d'activité modérée par semaine, et les recommandations conseillent d'y ajouter du renforcement musculaire deux jours non consécutifs. La gestion du stress et du sommeil fait aussi partie des conseils.
Côté médicaments, la pilule estroprogestative est le traitement de première intention de l'excès d'androgènes (acné, pilosité) et aide à régulariser les cycles, selon l'Assurance maladie. La metformine, un antidiabétique, peut être prescrite si besoin, hors autorisation de mise sur le marché, précise Vidal. En cas de désir de grossesse, des traitements permettent de stimuler l'ovulation.
Enfin, le SOPK ne s'arrête pas aux symptômes visibles. Vidal souligne qu'il doit être considéré comme un facteur de risque vasculaire, et les recommandations internationales mentionnent un risque accru d'hyperplasie et de cancer de l'endomètre, d'où l'intérêt d'un suivi régulier. Ces mêmes recommandations demandent de dépister la dépression chez toutes les femmes concernées.
Un nouveau nom ne change rien du jour au lendemain. Mais il dit enfin ce que vivent beaucoup de femmes : ce syndrome concerne bien plus que les ovaires.
Sources : Organisation mondiale de la santé, Assurance maladie (Ameli), Santé.fr, Vidal, La Revue du Praticien, recommandations internationales sur le SOPK (2023), Human Reproduction (2013).
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