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Dépistage du cancer du sein : détecté tôt, il guérit 9 fois sur 10
Détecté tôt, le cancer du sein se guérit dans 9 cas sur 10. Pourtant, moins d'une femme sur deux participe au dépistage organisé. À quel âge le faire, comment, et quels signes doivent alerter.
Un rendez-vous qu'on repousse, un courrier d'invitation qui finit sous une pile de factures, un « je verrai l'an prochain ». Le dépistage du cancer du sein fait partie de ces choses qu'on sait importantes et qu'on remet facilement à plus tard. Sauf qu'un chiffre devrait suffire à le remonter en haut de la liste : détecté tôt, le cancer du sein se guérit 9 fois sur 10, rappelle l'Institut national du cancer (INCa).
Combien de cancers du sein chaque année en France ?
En France, plus de 61 000 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en 2023, et la maladie a causé près de 12 800 décès la même année, selon l'INCa. C'est toujours la première cause de décès par cancer chez les femmes.
Le pronostic reste pourtant plutôt favorable : la survie nette à 5 ans atteint 88 % pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015, d'après l'INCa. Et il dépend beaucoup du moment où la maladie est repérée : lorsqu'elle est détectée à un stade avancé, selon l'INCa, 26 femmes sur 100 sont encore en vie cinq ans après le diagnostic.
Quel est le taux de participation au dépistage du cancer du sein ?
Malgré ces enjeux, moins d'une femme sur deux participe au dépistage organisé. Le taux de participation est estimé à 46,3 % pour la période 2023-2024, selon Santé publique France. L'objectif européen, lui, est fixé à 70 %, rappelle l'INCa.
Ce dépistage a pourtant fait ses preuves. Selon l'INCa, il permet de détecter chaque année plus de 10 000 cancers agressifs, et environ 23 000 décès ont été évités entre 2004 et 2018.
Pourquoi se faire dépister quand on va bien ?
Justement parce qu'on va bien. Le dépistage sert à repérer un éventuel cancer avant l'apparition des symptômes, à un stade où les chances de guérison sont les plus élevées. Il permet aussi une prise en charge plus précoce, avec des traitements souvent moins lourds et moins de séquelles.
À quel âge faire le dépistage du cancer du sein ?
Dès 25 ans, un examen des seins chaque année
À partir de 25 ans, l'INCa recommande de faire examiner ses seins une fois par an, par observation et palpation. L'examen peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
Entre 50 et 74 ans, le dépistage organisé tous les deux ans
Entre 50 et 74 ans, les femmes sans symptôme et sans facteur de risque particulier autre que l'âge sont invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie et un examen clinique des seins, dans le cadre du programme de dépistage organisé. L'invitation arrive par courrier, mail ou SMS, et l'examen est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais. Pas reçu d'invitation ? On peut contacter sa caisse d'Assurance maladie via son compte Ameli ou au 3646.
Un détail rassurant : si aucune anomalie n'est repérée, la mammographie est systématiquement relue par un second radiologue. Selon l'INCa, environ 5 % des cancers détectés par le dépistage organisé le sont grâce à cette seconde lecture. Pour trouver un radiologue agréé près de chez soi, l'INCa propose l'outil jefaismondepistage.cancer.fr. Et pour celles qui ont des seins denses, on a fait le point sur ce que ça change pour la mammographie.
Quels signes doivent faire consulter, à tout âge ?
Le dépistage ne remplace pas la vigilance entre deux rendez-vous. Selon l'INCa, il faut consulter en cas d'apparition d'une boule ou d'un épaississement dans le sein ou sous un bras, d'une modification de la peau (rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d'orange), d'une modification du mamelon ou de l'aréole (rétraction, changement de couleur, écoulement), ou d'un changement dans la forme des seins. Inutile d'attendre le prochain rendez-vous de dépistage pour en parler à un professionnel de santé.
Et si on a un risque plus élevé de cancer du sein ?
Certaines femmes ont un risque plus élevé que la moyenne : antécédent personnel de cancer du sein, de l'ovaire ou de l'endomètre, certaines lésions bénignes du sein, antécédents familiaux, prédisposition génétique héréditaire ou radiothérapie du thorax à forte dose avant 30 ans. Dans ce cas, l'INCa conseille d'en parler à son médecin traitant, à son gynécologue ou à sa sage-femme, qui proposera la modalité de dépistage adaptée. Pour savoir ce qui est remboursé dans ce cas, on a fait le point sur le dépistage avant 50 ans quand le cancer du sein court dans la famille.
Un examen par an, une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans : à l'échelle d'une vie, c'est peu de temps. Le courrier d'invitation mérite mieux que le dessous de la pile.
FAQ : dépistage du cancer du sein
À partir de quel âge se faire dépister du cancer du sein ?
Dès 25 ans, l'INCa recommande un examen des seins une fois par an par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. Entre 50 et 74 ans, les femmes à risque moyen sont invitées tous les deux ans au dépistage organisé, avec mammographie et examen clinique.
La mammographie de dépistage est-elle remboursée ?
Oui. Dans le cadre du dépistage organisé, entre 50 et 74 ans, l'examen est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais.
Combien de femmes participent au dépistage organisé ?
Moins d'une sur deux : 46,3 % sur la période 2023-2024 selon Santé publique France, loin de l'objectif européen de 70 %.
Le cancer du sein se guérit-il quand il est détecté tôt ?
Selon l'INCa, détecté tôt, le cancer du sein se guérit 9 fois sur 10.
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Sources : Institut national du cancer (INCa) ; Santé publique France.
Publié le par Julie