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Ménopause : ce que l'on sait vraiment pour mieux la traverser
Toutes les femmes qui vieillissent y passeront, et pourtant la plupart l'abordent avec trois idées vagues et une image de bouffée de chaleur. Petite remise à niveau, études et recommandations à l'appui.
Un réveil trempé à 3 heures du matin, des règles qui jouent à cache-cache, un mot qui reste coincé sur le bout de la langue en pleine réunion. On met souvent tout ça sur le compte du stress, ou de « l'âge ». Sauf que ces signes ont souvent un nom, et qu'il existe des façons sérieuses de les prendre en charge.
Périménopause, ménopause : on mélange souvent les deux
Au sens strict, la ménopause est un moment : celui où les règles se sont arrêtées depuis un an. Elle survient naturellement entre 45 et 55 ans, à 51 ans en moyenne, selon l'Assurance maladie. Dans une situation habituelle, aucun examen n'est nécessaire pour la constater, et les dosages hormonaux sont généralement inutiles.
Ce qu'on appelle « la ménopause » dans les conversations correspond plutôt à la périménopause, la transition qui la précède. Elle peut durer de deux à quatre ans (plutôt quatre), et les premiers symptômes apparaissent en moyenne vers 47 ans, d'après Ameli : cycles plus irréguliers, seins tendus, premières bouffées de chaleur et sueurs nocturnes. Détail qui a son importance : on peut encore être enceinte, et la contraception doit être maintenue jusqu'à la certitude de la ménopause.
Quand les ovaires cessent de fonctionner avant 40 ans, on parle d'insuffisance ovarienne prématurée. Elle concerne 1 à 2 % des femmes, selon l'Inserm, et se traite par un traitement hormonal, au minimum jusqu'à l'âge habituel de la ménopause.
Bouffées de chaleur, nuits blanches, brouillard : un inventaire très variable
D'après l'Inserm, 87 % des femmes ont au moins un symptôme, et 20 à 25 % des troubles sévères. Les bouffées de chaleur sont le plus connu, même si les chiffres varient selon les sources : entre un tiers et la moitié des femmes pour l'Inserm, sept sur dix pour l'Assurance maladie.
La liste ne s'arrête pas là. Fatigue, troubles du sommeil, irritabilité et une impression de « brouillard cérébral » figurent parmi les symptômes recensés par l'Inserm. La sécheresse vaginale, les douleurs pendant les rapports, la baisse de libido, les cystites à répétition ou les fuites urinaires relèvent du syndrome génito-urinaire de la ménopause, lié au manque d'hormones, précise Ameli. Ameli décrit aussi la ménopause comme une période de vulnérabilité psychique, et l'Inserm souligne qu'elle concerne en particulier les femmes ayant des antécédents de troubles de santé mentale.
Et puis il y a ce qui ne se voit pas. L'ostéoporose touche une femme ménopausée sur quatre, et le risque cardiovasculaire augmente, rappelle l'Assurance maladie, qui souligne que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité des femmes, loin devant le cancer du sein.
Le traitement hormonal, réhabilité mais pas banalisé
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a été discrédité en 2002 par l'étude américaine WHI. Sauf que cette étude portait sur des femmes traitées, pour la plupart, plus de dix ans après le début de leur ménopause, souligne l'Inserm. Depuis, le rapport bénéfice-risque a été réévalué : il apparaît globalement positif quand le traitement est commencé dans les dix premières années de la ménopause, ou en général avant 60 ans.
La forme compte. Par voie orale, les œstrogènes doublent le risque de maladies veineuses ; appliqués sur la peau (gel ou patch) et associés à certains progestatifs (progestérone micronisée ou dydrogestérone), ce risque est inexistant, selon l'Inserm, et c'est la voie que privilégient les médecins français. Un progestatif est associé pour protéger l'utérus, inutile après une hystérectomie, et certains sont désormais exclus du THM à cause d'un risque de méningiome, précise Ameli.
Reste la question du cancer du sein. L'Inserm donne un ordre de grandeur : sur 1 000 femmes de 50 à 60 ans, environ 50 auront un cancer du sein ; elles seraient 52 avec cinq ans de THM, 56 avec dix ans. L'effet serait surtout lié aux traitements maintenus plus de dix à quinze ans. D'où une règle simple : la dose minimale efficace, et une réévaluation au moins une fois par an avec le médecin. La décision se prend avec le médecin, en tenant compte de ses antécédents.
Sport, soja, compléments : ce qui tient la route
L'activité physique régulière est un moyen d'atténuer les symptômes de la périménopause, selon l'Assurance maladie, qui ajoute qu'elle contribue au maintien de la force musculaire et de l'équilibre, et conseille d'arrêter le tabac, de limiter fortement l'alcool et de manger varié, riche en calcium. L'Inserm rappelle que 15 à 30 minutes d'exposition au soleil par jour contribuent à la production de vitamine D.
Pour le reste, on modère son enthousiasme. Les phyto-œstrogènes de soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de santé, rappelle Ameli, et sont déconseillés après un cancer du sein. L'Inserm estime que les connaissances sur la phytothérapie et les compléments alimentaires doivent encore être renforcées, et que l'acupuncture, la sophrologie ou le yoga n'ont pas fait la preuve de leur bénéfice sur les bouffées de chaleur. Avant tout complément, on en parle à un professionnel de santé. Pour la sécheresse vaginale, en revanche, des hydratants ou des lubrifiants améliorent le confort, et un traitement local aux œstrogènes réduit la sécheresse, selon Ameli.
Après la ménopause, un suivi une fois par an chez son médecin traitant ou son gynécologue est d'ailleurs jugé essentiel par Ameli. L'occasion parfaite pour poser toutes les questions qu'on gardait pour soi.
Sources : Assurance maladie (Ameli), Inserm, Haute Autorité de santé (via Ameli).
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