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Le Filtre lance son Women Health Summit

Santé des femmes : pendant des siècles, la médecine a pensé le corps masculin comme la norme. Le Women Health Summit du Filtre réunit médecins et patientes pour briser ce tabou. Décryptage d'un retard de recherche qui se chiffre en milliards, et d'une cause qui devient aussi, parfois, un marché.

Le Filtre lance son Women Health Summit

Une journée pour combler le grand oubli de la médecine

Pendant des siècles, la médecine a pensé le corps masculin comme la norme, reléguant la santé des femmes au rang de cas particulier. C'est ce déséquilibre qu'un événement comme le Women Health Summit, lancé par Le Filtre, entend bousculer, en réunissant médecins, chercheuses, patientes et expertes autour des grandes questions trop longtemps tues, endométriose, périménopause, santé mentale, post-partum. L'enjeu n'a rien d'anecdotique. Les femmes passent en moyenne 25% de temps en plus que les hommes en mauvaise santé, rappelle The Blood. On note le glissement, ce qui se chuchotait dans les cabinets devient un sujet public, porté sur scène, assumé. Comprendre son corps cesse d'être un privilège réservé à celles qui savent où chercher.

Un retard de recherche qui se chiffre en milliards

Le constat est documenté, et il est sévère. En 2020, seuls 5% des financements mondiaux de recherche et développement étaient consacrés à la santé des femmes. L'endométriose, qui touche environ 190 millions de femmes dans le monde, met en moyenne sept ans et demi à être diagnostiquée, faute d'attention et de moyens, comme le détaille Nature. Ce qui frappe, c'est le coût de cet aveuglement. Un rapport du Forum économique mondial et de McKinsey, relayé par FP Analytics, estime que combler ce fossé de santé pourrait générer mille milliards de dollars de bénéfices économiques d'ici 2040. Autrement dit, négliger la santé des femmes n'est pas seulement injuste, c'est économiquement absurde. Les sommets, les start-up de la femtech et les médias qui s'emparent du sujet répondent à un vide longtemps laissé béant.

Quand la cause devient aussi un marché

Le paradoxe est là. La santé des femmes, longtemps ignorée, devient un sujet porteur, et c'est tant mieux, mais sa médiatisation a un revers. Ce qui coince, c'est que l'engouement attire aussi des acteurs qui voient surtout un marché, vendant compléments, applications et programmes sous couvert d'émancipation. L'événement militant et le produit marketing se côtoient, parfois jusqu'à se confondre. Le risque serait que la « santé des femmes » devienne un argument commercial avant d'être une vraie priorité de soin et de recherche. Un sommet peut sensibiliser et briser des tabous, il ne remplace pas les financements publics ni la formation des soignants. La visibilité est un début ; elle ne suffit pas.

Briser le tabou, et après ?

Reste à voir ce que ces initiatives changeront sur le fond. Le Women Health Summit et les mouvements qui l'accompagnent ont un mérite, sortir du silence des sujets que la honte et le manque de données maintenaient invisibles. Pas anodin que la parole se libère au moment où la femtech et la recherche commencent, lentement, à rattraper leur retard. La question n'est pas de savoir si parler de santé des femmes est utile, c'est vital, mais si l'élan se traduira en moyens concrets, diagnostics plus rapides, recherche financée, soignants formés. Le tabou se fissure ; reste à transformer l'attention en action. Un combat que prolongent le grand oubli du corps féminin dans la recherche et la prématurité racontée en BD. À suivre, édition après édition.

Publié le par pauline@lacachette.app

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