Health
Faut-il vraiment optimiser sa santé intime?
Vous vous souvenez, il y a dix ans quand la santé intime n’apparaissait dans les médias qu’à travers des termes comme “mycoses”, “cystites” ou bien dans l’intimité des consultations gynécologiques? Aujourd’hui, le sujet est devenu un sujet de bien-être à part entière.
Des concepts ont fait leur chemin dans les consciences et les discussions. Parmi eux, ceux du microbiote vaginal, probiotiques, équilibre de la flore, et le pH : des notions autrefois confidentielles s'invitent désormais dans les conversations du quotidien.
Le sujet a au moins un mérite : celui de sortir la santé intime du tabou. Car pendant longtemps, les femmes ont été peu informées sur le fonctionnement même de leur flore intime. Or le microbiote vaginal joue un rôle essentiel dans l'équilibre de cette zone du corps. Principalement composé de lactobacilles, il participe au maintien d'un environnement naturellement acide qui aide à limiter la prolifération de micro-organismes indésirables.
Mais à mesure que la santé intime devient un sujet de conversation, une autre question apparaît : faut-il vraiment chercher à la glamouriser ?
Le self-care intime comme nouvelle injonction?
Le paradoxe est connu. À chaque fois qu'un sujet de santé gagne en visibilité, il finit souvent par devenir un marché. Après le sommeil, la digestion ou la peau, la santé intime est devenue à son tour un terrain d'innovation. Pour autant, les experts rappellent qu'une zone intime en bonne santé n'est pas une zone intime “parfaite”.
La santé intime d’une femme, et donc son microbiote vaginal, varie naturellement selon l'âge, le cycle menstruel, les hormones ou encore certains événements de vie. Il n'existe pas de routine universelle valable pour toutes les femmes, à chaque période de leur vie. Autrement dit : ressentir de légères variations au cours du mois n'est pas forcément le signe qu'il faut acheter un nouveau produit.
Les bons gestes au quotidien
Le risque c’est qu’à force de vouloir optimiser, on finisse par oublier les fondamentaux.
La littérature scientifique, comme les recommandations relayées par Saforelle, convergent depuis plusieurs décennies sur plusieurs points simples : l’eau seule ne suffit pas, au contraire elle assèche la zone intime. Eviter les produits agressifs ou parfumés, respecter l'équilibre naturel de la zone intime et privilégier une routine d'hygiène intime quotidienne douce et adaptée.
Les spécialistes rappellent également qu'un excès d'hygiène peut être aussi problématique qu'un manque d'hygiène. Les toilettes répétées, les produits trop décapants ou les pratiques destinées à « nettoyer » l'intérieur du vagin risquent au contraire de perturber l'équilibre naturel de la flore. Deux toilettes intimes externes par jour (matin et soir) sont généralement suffisantes. Multiplier les lavages ou vouloir "purifier" la zone intime à tout prix risque au contraire de perturber son équilibre naturel.
Autre conseil: on oublie les douches vaginales. Même à l'eau claire. Les spécialistes rappellent que le vagin possède ses propres mécanismes d'équilibre et de nettoyage. Les douches vaginales peuvent modifier la flore intime et favoriser certains déséquilibres et l'hygiène doit rester externe.
Enfin, on privilégie la douceur. Soins lavants intimes doux sans savon adaptés à la zone intime, sous-vêtements en coton, et vêtements pas trop serrés : les recommandations les plus consensuelles sont aussi les plus simples.
En matière de santé intime, les experts s'accordent sur un point : mieux vaut respecter l'équilibre naturel de cette zone que chercher à le corriger en permanence.
Publié le par julia@everyday-matters.fr