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Ce que le scroll infini fait à notre cerveau
Scroll infini : ce qu'il fait à notre cerveau, selon le chercheur Olivier Ertzscheid. Imaginaire bridé, frustration sans fin, et l'idée d'un mois off.
On scrolle, on scrolle, on re-scrolle à l'infini. On cherche la bonne vidéo, le post parfait, et on finit surtout par ne plus vraiment rien regarder. Mais que fait le scroll infini à notre cerveau ? Le chercheur Olivier Ertzscheid a une image pour le dire, et elle vient tout droit de la mythologie grecque.
Le scroll infini, ou le tonneau des Danaïdes
Le mythe grec des Danaïdes, ça vous dit quelque chose ? Il raconte comment les cinquante filles du roi Argos se retrouvent condamnées aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué.
C'est l'image qu'utilise Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l'information et de la communication, pour illustrer la sensation vertigineuse du scrolling : un défilement d'images qui n'en finit jamais.
Le scrolling empêche notre imaginaire de vagabonder
Sur son blog Affordance, il analyse ce que ce geste répété à l'infini a changé dans nos manières de penser. Son constat est sans appel :
« Il semble que là, dans ces défilements incessants et hypnotiques, non seulement on ne fabrique rien (ou si peu) et il n'y a que peu de places pour notre imaginaire. »
Autrement dit, pendant qu'on fait défiler, on consomme beaucoup, mais on crée très peu.
Le scroll infini nous transforme en éternels insatisfaits
Deuxième effet, peut-être plus insidieux : la frustration. Pour Olivier Ertzscheid, « dans le défilement infini il y a un horizon d'attente qui n'est jamais comblé par un aboutissement. C'est donc une accumulation de frustrations qui débouchent sur un renoncement à avoir "fait" ou "trouvé" ou même "appris quelque chose". »
Vous reconnaissez cette sensation, en reposant le téléphone après une demi-heure, de n'avoir rien retenu ? C'est exactement ça.
Et si on faisait un mois off ?
Dans la lignée des vertus du Dry January, un mouvement est né à Madrid, issu du collectif OFF. Il dénonce les effets de l'hyperconnexion et de l'économie de l'attention sur notre bien-être et notre liberté.
Le défi est simple à énoncer (un peu moins à tenir) : désinstaller les applications des réseaux sociaux de son smartphone.
Reprendre la main sur le scroll infini
Le scroll infini remplit notre cerveau sans jamais le combler, comme un tonneau troué. Alors en 2026, pourquoi ne pas tester le mois off, pour voir ce que ça fait quand nos pouces s'arrêtent ? On se revoit dans un mois.
Sources : Olivier Ertzscheid, Affordance, « Faire défiler. Le zéro (click) et l'infinite scroll » ; Franceguyane.fr, « Off February, reprendre le contrôle de sa vie » ; Le Nouvel Obs, « Dans l'enfer du scrolling ».
Publié le par Le Filtre