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Avez-vous déjà vu… du thé pour le bain?

Thé pour le bain : le rituel Bath Tea hérité des ryokans japonais s'industrialise et explose sur TikTok avec 180 millions de vues. Thé vert, camomille, lavande, hibiscus. Décryptage d'une vague wellness qui combine effet pharmacologique léger et marketing premium.

Avez-vous déjà vu… du thé pour le bain?

Le bain devient une infusion, et TikTok suit

Au Japon, le Bath Tea existe depuis longtemps. Les ryokans (auberges traditionnelles) proposaient déjà des bains aux feuilles de yuzu en hiver, à la lavande au printemps. La nouveauté récente, c'est l'industrialisation du concept en sachets prêts à l'emploi, et l'explosion sur les réseaux sociaux. Le hashtag #bathtea cumule des dizaines de millions de vues sur TikTok. Plusieurs marques japonaises sont devenues références mondiales et sont désormais distribuées dans les grands magasins occidentaux. Le principe est simple : un grand sachet d'infusion (thé vert, camomille, lavande, hibiscus) plongé dans l'eau du bain, qui transforme la baignoire en infusion à la peau. Pas anodin que ce rituel ancien retrouve sa pertinence dans une période où le bain redevient acte de soin assumé.

Pourquoi le bath tea fonctionne, et ce que la dermatologie en dit

L'argument scientifique tient la route. Les polyphénols du thé vert (catéchines, EGCG) ont des propriétés anti-inflammatoires documentées, capables de calmer les rougeurs cutanées légères. La camomille apaise les irritations. La lavande aide à la détente musculaire. Plusieurs dermatologues consultés dans la presse beauté rappellent que le bath tea n'est pas un soin médical, mais c'est l'un des rares rituels wellness qui combine plaisir sensoriel et effet pharmacologique léger documenté. Plusieurs études japonaises sur les effets relaxants des bains au thé vert ont mesuré des baisses de marqueurs de stress chez les volontaires. Ce qui frappe, c'est que le bath tea, longtemps moqué comme gimmick, occupe désormais le segment 'wellness scientifique'. La frontière entre rituel et soin se brouille.

Le revers : le bath tea de luxe creuse un autre fossé

Le paradoxe est là. La promesse du bath tea, c'est l'auto-soin accessible. La réalité commerciale, c'est qu'un sachet de marque premium coûte plusieurs euros la pièce, soit plusieurs dizaines d'euros pour un mois de rituels. Les marques 'wellness premium' (Aesop, Susanne Kaufmann, Rituals) ont toutes lancé leur ligne bath tea ces dernières années, à des tarifs élevés. La sociologue Sarah Banet-Weiser, à USC, défend depuis longtemps l'idée que le wellness reproduit le luxe en se déguisant en soin de soi accessible. Ce qui coince, c'est qu'un mug de thé vert classique versé dans l'eau du bain produit l'essentiel de l'effet pour quelques centimes. Le geste reste démocratique, le marketing l'a récupéré. Reste à voir si le bath tea va se démocratiser via la grande distribution ou rester un produit de niche prémium.

Ce que le bath tea annonce pour la suite du wellness

La vague dépasse le bain. Les marques cosmétiques japonaises (Shiseido, Tatcha) lancent depuis quelques années des produits 'tea-infused' pour les soins du visage, du corps et même des cheveux. Le segment 'beauté infusée végétale' représente plusieurs milliards de dollars en croissance rapide. La filiation se voit avec la short-list de la feel-good food, même grammaire d'aliments-soins. Et côté skincare, l'écho avec bois ta skincare, pourquoi le kéfir s'invite dans les routines beauté tient sur le fond : la frontière entre ce qu'on consomme et ce qu'on applique se déplace. Question ouverte : combien de mois avant qu'un brand français lance son thé pour le bain certifié Demeter ?

Publié le par Le Filtre

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