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Cancer du sein : IA, prise de sang… 5 avancées de la recherche

IA sur les mammographies, test sanguin multi-cancers, dépistage adapté au risque, détection des rechutes par prise de sang, traitements guidés par la génétique des tumeurs : cinq pistes de la recherche à suivre, entre résultats solides et promesses à confirmer.

Cancer du sein : IA, prise de sang… 5 avancées de la recherche

Octobre rose, son ruban, ses rappels de dépistage. Et, en arrière-plan, une recherche qui avance vite. Sauf que dans les titres, « avancée » rime souvent avec « révolution », alors que la plupart de ces pistes doivent encore faire leurs preuves. On a trié ce qui est solide, ce qui est prometteur et ce qui reste à confirmer.

Cancer du sein en France : où en est le dépistage ?

Le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme : 61 214 nouveaux cas ont été recensés en 2023 en France métropolitaine, soit environ un tiers des nouveaux cancers féminins, selon Santé publique France.

Le dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, tous les deux ans : une mammographie associée à un examen clinique des seins, avec une seconde lecture par un autre radiologue si rien d'anormal n'est repéré, le tout pris en charge à 100 % sans avance de frais. Pourtant, seules 45,7 % des femmes concernées y ont participé sur 2024-2025, d'après le dernier bilan de Santé publique France. Moins d'une sur deux, donc (on revenait récemment sur l'intérêt de dépister tôt).

Les règles pourraient d'ailleurs bouger : selon une réponse du ministère de la Santé publiée en mai 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) a été saisie pour expertiser l'extension des bornes d'âge du dépistage organisé, avec des conclusions attendues fin 2026.

L'intelligence artificielle peut-elle repérer plus de cancers sur les mammographies ?

C'est la piste la plus avancée. En mars 2026, Imperial College London, Google, les universités de Cambridge et du Surrey et plusieurs hôpitaux du NHS ont publié dans Nature Cancer deux études portant au total sur 175 000 femmes, présentées comme les plus vastes jamais menées au sein du NHS.

Sur plus de 115 000 examens analysés a posteriori, l'IA a atteint un taux de détection de 9,33 cancers pour 1 000 femmes, contre 7,54 pour le premier radiologue, avec davantage de cancers invasifs repérés. Elle a aussi identifié un quart des cancers dits « d'intervalle », ceux qui apparaissent entre deux dépistages. Utilisée en complément des radiologues, elle réduirait la charge de lecture de 32,1 %.

Bémol : dans le volet mené en conditions réelles, sur plus de 9 000 cas à Londres, l'IA rappelait davantage de femmes pour des examens complémentaires que les humains. L'enjeu n'est donc pas de remplacer le radiologue, mais de l'épauler. Une deuxième paire d'yeux, en somme. En France, aucun programme national n'intègre encore l'IA au dépistage ; l'Institut national du cancer suit ces travaux dans sa veille scientifique.

Galleri, une prise de sang pour dépister plusieurs cancers ?

La promesse est séduisante : repérer dans le sang des signaux de plusieurs cancers à la fois, dont celui du sein. C'est l'ambition du test Galleri, développé par l'entreprise américaine GRAIL pour les adultes de 50 ans et plus.

En septembre 2026, un comité consultatif de la FDA, l'agence américaine du médicament, s'est prononcé en sa faveur. Mais de justesse : 6 voix contre 4 sur l'efficacité, 7 contre 2 (et une abstention) sur la balance bénéfices-risques. Lors de la séance, des experts ont notamment pointé l'absence de preuve d'une baisse de la mortalité, rapporte le média spécialisé MDDI. La FDA, qui n'est pas tenue de suivre cet avis, n'a pas encore tranché.

GRAIL le précise lui-même : le test est conçu pour venir en plus des dépistages recommandés. La mammographie garde donc toute sa place.

Vers un dépistage du cancer du sein adapté au risque de chaque femme ?

Toutes les femmes n'ont pas le même risque de développer un cancer du sein. D'où l'idée de l'essai américain WISDOM, publié fin 2025 dans le JAMA : adapter le rythme des mammographies au profil de risque de chacune, test génétique compris, plutôt qu'appliquer le même calendrier à toutes. Le dépistage version sur-mesure.

Plus de 28 000 femmes de 40 à 74 ans ont été réparties au hasard entre ce dépistage personnalisé et un dépistage annuel, auxquelles s'ajoutent plus de 18 000 femmes suivies dans une cohorte observationnelle. Après environ cinq ans, l'approche selon le risque ne détecte pas moins bien les cancers avancés que le dépistage annuel. En revanche, elle n'a pas réduit le nombre de biopsies, l'un des bénéfices espérés.

La densité mammaire fait partie des facteurs qui compliquent le dépistage : on vous expliquait pourquoi la mammographie ne suffit pas toujours quand on a les seins denses.

Une prise de sang pour repérer une récidive avant les examens d'imagerie

Après un cancer du sein, des fragments d'ADN tumoral peuvent parfois circuler dans le sang avant qu'une rechute soit visible au scanner. Une équipe de l'Institute of Cancer Research de Londres l'a testé chez 159 patientes traitées pour un cancer du sein triple négatif précoce, à risque modéré à élevé de rechute. Résultat, publié en août 2026 dans JAMA Oncology : le signal sanguin a précédé la rechute visible à l'imagerie de 7,9 mois en médiane.

De quoi gagner du temps, peut-être. Mais il reste à démontrer qu'agir plus tôt améliore la survie, soulignent les chercheurs. Une étape à franchir avant d'en faire un outil de suivi courant.

Un test sanguin pour orienter le traitement

Côté traitements, l'analyse génétique des tumeurs guide de plus en plus les choix. Aux États-Unis, la FDA a autorisé en mai 2026 le vepdegestrant, destiné à certains cancers du sein avancés porteurs d'une mutation du gène ESR1, un mécanisme de résistance à l'hormonothérapie repéré par un test sanguin. Une autorisation américaine, qui ne dit rien à ce stade de son arrivée en France.

Ce que ça change aujourd'hui pour le dépistage

Pour l'instant, rien ne remplace le dépistage organisé. À partir de 50 ans, on reçoit une invitation tous les deux ans : c'est le moment de ne pas la laisser traîner au fond d'un tiroir. Avant 50 ans, en cas d'antécédents familiaux, le bon réflexe est d'en parler à son médecin ou à sa sage-femme ; on a détaillé qui paie quoi quand le cancer du sein court dans la famille.

La recherche avance. Le geste qui sauve, lui, reste d'ouvrir le courrier.

FAQ : les avancées contre le cancer du sein

L'IA remplace-t-elle le radiologue pour lire les mammographies ?

Non. Dans les études britanniques publiées en mars 2026, l'IA est utilisée en complément des radiologues. Elle repère davantage de cancers et réduit la charge de lecture, mais rappelle aussi plus de femmes pour des examens complémentaires.

Le test sanguin Galleri est-il autorisé ?

Pas encore. Un comité consultatif de la FDA s'est prononcé en sa faveur en septembre 2026, mais l'agence américaine n'a pas encore rendu sa décision. Il est conçu pour venir en complément des dépistages recommandés.

Qui est concernée par le dépistage organisé du cancer du sein ?

Les femmes de 50 à 74 ans, tous les deux ans, avec une mammographie et un examen clinique pris en charge à 100 %. La HAS évalue une possible extension des tranches d'âge, avec des conclusions attendues fin 2026.

Une prise de sang peut-elle détecter une récidive ?

Dans une étude publiée en 2026 sur 159 patientes atteintes d'un cancer triple négatif, l'ADN tumoral dans le sang a précédé la rechute visible à l'imagerie de 7,9 mois en médiane. Le bénéfice sur la survie reste à démontrer.

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Sources : Santé publique France ; Santé.fr et Institut national du cancer ; ministère de la Santé (réponse à une question écrite, mai 2026) ; Imperial College London et Nature Cancer (mars 2026) ; GRAIL et MDDI (septembre 2026) ; NIH et JAMA (étude WISDOM) ; JAMA Oncology, ASCO Post et Texas Public Radio (août 2026) ; FDA.

Publié le par Julie

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