Beauté & Wellness
SPF au quotidien : le guide complet pour bien choisir sa protection solaire
On la sort en juillet, on l'oublie en novembre. La crème solaire fait pourtant partie des rares soins dont l'intérêt fait consensus chez les autorités sanitaires. Encore faut-il savoir lire l'étiquette, et surtout en mettre assez.
Le tube de l'été dernier traîne au fond du sac, à moitié plein, avec un 50 en gros caractères. Rassurant. Sauf que ce chiffre ne dit qu'une partie de l'histoire, et que la façon dont on applique le produit compte presque autant que ce qu'il y a dedans.
Le SPF ne mesure que la moitié du problème
Le SPF (facteur de protection solaire) mesure l'effet retardant du produit sur l'apparition d'un coup de soleil, autrement dit la protection contre les UVB, explique la DGCCRF. Un SPF 50 bloque 98 % des UVB, précise Que Choisir. Depuis une recommandation européenne de 2006, les indices sont rangés en quatre catégories : faible (6 et 10), moyenne (15 à 25), haute (30 et 50) et très haute (50+). Et les mentions « écran total » ou « protection totale » n'ont plus lieu d'être : aucun produit ne bloque tout.
Les UVA, eux, n'apparaissent pas dans le SPF. Ils représentent pourtant 95 à 99 % des UV qui arrivent au sol, traversent les nuages et les vitres et atteignent les couches profondes de l'épiderme, selon l'Institut national du cancer (INCa). Et ils participent au vieillissement de la peau. La même recommandation européenne demande donc que la protection UVA atteigne au moins un tiers du SPF. Le petit logo « UVA » sur l'emballage signale un produit conforme : il n'est pas obligatoire, mais recommandé, rappelle la DGCCRF. Autrement dit, un tube sans ce logo n'affiche aucune garantie côté UVA.
La dose, angle mort de toutes les routines
La recommandation européenne prend pour référence 2 mg de produit par cm² de peau, soit environ six cuillères à café (36 g) pour le corps entier d'un adulte. Dans la vraie vie, on en met en moyenne moins, constate la DGCCRF. Or le texte européen est clair : diviser la quantité par deux peut réduire la protection des deux tiers. L'INCa donne un repère plus parlant : environ deux cuillères à café pour la tête, le cou et les bras.
Il faut ensuite renouveler l'application toutes les deux heures, après une baignade, la transpiration ou un passage de serviette, selon l'ANSM, qui conseille aussi de respecter la date de péremption et la durée d'utilisation après ouverture, car les filtres se dégradent. Le tube de l'été dernier mérite donc un coup d'œil. Dernier point, rappelé par Santé.fr : une crème solaire ne permet pas de rester plus longtemps au soleil.
Minéral ou organique : la réglementation fait le tri
Les filtres organiques (dits chimiques) absorbent les UV ; les filtres minéraux, le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc, les réfléchissent et les dispersent, détaille la DGCCRF. Les deux peuvent être combinés, et seule une trentaine de filtres sont autorisés par le règlement cosmétique européen. Quand un filtre est présent sous forme de nanoparticules, la mention « nano » doit suivre son nom dans la liste des ingrédients.
Les soupçons de perturbation endocrinienne ne sont pas qu'une rumeur de réseaux sociaux : l'INCa note que certaines crèmes contiennent des perturbateurs endocriniens potentiels. L'Europe a d'ailleurs resserré les règles sur certains filtres. Depuis un règlement de 2022, la benzophénone-3 (oxybenzone) est limitée à 6 % dans les produits pour le visage et à 2,2 % pour le corps, avec la mention « contient de la benzophenone-3 » sur l'emballage. Et le 4-MBC (4-méthylbenzylidène camphre) est interdit : plus de mise sur le marché depuis mai 2025, plus de vente depuis mai 2026, le comité scientifique européen n'ayant pas pu fixer de dose sûre. Les filtres encore en rayon sont donc ceux que les autorités considèrent comme utilisables aux doses autorisées.
Tous les jours, vraiment ?
Un ciel nuageux ne fait pas suffisamment obstacle aux UV, prévient l'ANSM, et les UVA passent les vitres. Pour décider de l'indice, la référence officielle reste l'indice UV du jour : le Haut conseil de la santé publique recommande au moins un SPF 30 dès un indice UV de 3, et un SPF 50 ou plus à partir de 8, selon Santé.fr, qui invite à consulter l'indice UV de sa commune. Aucune des autorités consultées ne fixe en revanche de règle « tous les jours de l'année, quoi qu'il arrive » : c'est l'indice UV qui commande.
La crème n'est pas non plus le seul rempart. Dans son communiqué de mai 2026, la Société française de dermatologie recommande des indices 30 à 50+, mais présente les vêtements couvrants, le chapeau et les lunettes comme la protection la plus efficace, avec l'ombre et l'évitement du soleil entre 12 h et 16 h. Le geste le plus simple de la routine beauté est peut-être, finalement, de sortir avec un chapeau.
Sources : DGCCRF, recommandation de la Commission européenne du 22 septembre 2006 sur les produits de protection solaire, Institut national du cancer (INCa), ANSM, Santé.fr et Haut conseil de la santé publique, règlements (UE) 2022/1176 et 2024/996, Société française de dermatologie, Que Choisir.
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