Beauté & Wellness
Soin des cheveux : une routine adaptée à chaque type de cheveux
Une salle de bains qui déborde de flacons, et des cheveux qui ne vont pas mieux pour autant. Avant d'ajouter un énième masque, il vaut souvent mieux revoir les gestes de base. Ceux que recommandent les dermatologues tiennent en peu de lignes.
Le rayon capillaire promet du volume, de la brillance, de la réparation et de la « détox » à chaque étagère. Pourtant, les conseils de l'Académie américaine de dermatologie (AAD) commencent ailleurs : par la fréquence de lavage, la façon de démêler et la chaleur du sèche-cheveux. Pas très glamour, mais c'est là que tout se joue.
Le rythme du shampooing dépend du cuir chevelu
Il n'existe pas de fréquence idéale universelle. Selon l'AAD, tout dépend de la quantité de sébum produite. Des cheveux raides avec un cuir chevelu gras peuvent être lavés tous les jours. Des cheveux secs, épais, texturés ou bouclés se lavent au besoin, au moins toutes les deux à trois semaines. Et les pellicules peuvent justement venir d'un lavage trop espacé, ou d'un après-shampooing, d'une huile ou d'un soin du cuir chevelu mal choisi.
Le geste compte autant que le rythme. Le shampooing s'applique sur le cuir chevelu plutôt que sur toute la longueur : il élimine ainsi résidus de produits, cellules mortes et excès de sébum, sans trop dessécher les cheveux, explique l'AAD.
Après-shampooing : pas la même dose pour tout le monde
C'est sans doute la différence la plus nette entre types de cheveux. L'AAD conseille de réserver l'après-shampooing aux pointes pour les cheveux fins ou raides, qui s'alourdissent vite. Pour les cheveux secs ou bouclés, il s'applique sur toute la longueur.
Les bouclés ont aussi intérêt à démêler sous la douche, avant de rincer l'après-shampooing, avec un peigne à dents larges. Les cheveux raides, eux, gagnent à attendre d'être un peu secs avant le peigne. Dans tous les cas, on commence par les pointes et on remonte progressivement : un cheveu mouillé est délicat, rappelle l'AAD.
Moins de friction, moins de chaleur
Au sortir de la douche, on enveloppe ses cheveux dans une serviette ou un tee-shirt, sans frotter : un séchage énergique peut les abîmer, selon l'AAD. Ensuite, quelle que soit la nature de ses cheveux, la chaleur excessive les abîme. L'AAD recommande de limiter sèche-cheveux, lisseurs et fers à boucler, de les utiliser à température basse ou moyenne, et d'appliquer un protecteur thermique avant.
Et le bain d'huile avant le shampooing, star des routines partagées en ligne ? Une étude publiée en 2003 dans le Journal of Cosmetic Science a comparé trois huiles en laboratoire. Seule l'huile de coco a nettement réduit la perte de protéines du cheveu, sain ou abîmé, appliquée avant ou après le lavage. L'huile de tournesol et l'huile minérale n'ont pas eu d'effet notable. Les chercheurs l'expliquent par la petite taille de ses molécules, qui lui permet de pénétrer dans la fibre. Une piste intéressante, mais une étude ancienne sur mèches de cheveux ne fait pas une vérité pour toutes les têtes.
Les compléments ne remplacent pas une consultation
Le cheveu dépend aussi de ce qu'on mange : son cycle de pousse est lié à l'alimentation, rappelle Vidal, qui note que des suppléments de fer peuvent parfois être utiles en cas de chute diffuse. Mais la plupart des gélules « cheveux » sont promues pour prévenir les chutes occasionnelles, « le plus souvent sans preuve de leur efficacité », selon la page de Vidal consacrée aux compléments alimentaires. La cystéine et la méthionine n'ont pas fait leurs preuves hors carence, et l'efficacité de la levure de bière contre la chute n'est pas validée.
Une chute devient anormale au-delà de 100 cheveux par jour, ou quand une zone se dégarnit nettement plus que le reste, précise Vidal. Après un accouchement, la chute est diffuse et passagère : la repousse est complète en trois à quatre mois. Dans les autres cas, mieux vaut consulter un médecin ou un dermatologue que vider un rayon de pharmacie, car le stress, la thyroïde ou certains médicaments peuvent être en cause.
Au fond, la meilleure routine est souvent celle qui fatigue le moins nos cheveux.
Sources : American Academy of Dermatology, Vidal, étude sur les huiles et la perte de protéines capillaires (Journal of Cosmetic Science, 2003).
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