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Small Talk, le podcast des kids
Small Talk : lancé sur Instagram par Jorge Cuevas et animé par ses trois filles, ce micro-podcast feel-good séduit par sa sincérité d'enfant. Décryptage d'un succès qui capte l'émerveillement quand tout est scénarisé, et soulève les questions du consentement et de l'exposition des mineurs.
Le micro-podcast feel-good qui tient dans une story
C'est l'objet le plus touchant des réseaux du moment, Small Talk, le micro-podcast lancé sur Instagram par Jorge Cuevas Jr, cofondateur du studio créatif Teddy, et animé par ses trois filles. Perchées dans un arbre ou attablées à dessiner, Zara, Bille et Margot répondent sans filtre aux questions mi-philosophiques, mi-spontanées de leur père. Le compte Instagram de Cuevas en a fait une série virale, faite de clips courts et désarmants de sincérité. On note le contraste avec le reste des réseaux, pas de mise en scène léchée, pas de produit à vendre, juste la parole d'enfants captée à hauteur de regard. Dans un flux saturé de contenus calibrés, Small Talk détonne par sa douceur et sa simplicité.
Quand la parole d'enfant devient le contenu le plus rare
Le succès de Small Talk tient à une intuition. Dans un paysage où tout est scénarisé, la spontanéité enfantine est devenue une denrée précieuse. Une de ses vidéos, comme ce clip, suffit à rappeler la fraîcheur d'une pensée non formatée. Ce qui frappe, c'est l'effet feel-good immédiat, presque thérapeutique, dans un univers numérique anxiogène. Le format mise sur l'authenticité, ce mot devenu graal des réseaux, et l'incarne mieux que la plupart des contenus d'adultes. Là où les créateurs traquent l'engagement, Small Talk capte quelque chose de plus rare, l'émerveillement. La conversation banale entre un père et ses filles devient, par contraste, un refuge.
Ce que l'attendrissement masque sur la mise en ligne des enfants
Le paradoxe est là. Small Talk émeut parce qu'il met en scène l'intimité d'une famille, mais c'est précisément ce qui pose question. Ce qui coince, c'est que ces enfants, aussi spontanés soient-ils, deviennent du contenu, exposés à des centaines de milliers d'inconnus sans avoir vraiment consenti. Le débat sur les « kidfluencers » et la place des mineurs dans les contenus parentaux monte partout, jusqu'à inspirer des lois sur le droit à l'image des enfants. Aussi tendre soit-il, Small Talk participe d'une économie où l'enfance se partage, se monétise, se diffuse. La frontière entre célébrer la parole d'un enfant et l'exposer est ténue. L'intention est douce ; les questions qu'elle soulève le sont moins.
Entre tendresse partagée et nouvelles questions de consentement
Reste à voir comment évoluera ce genre. Small Talk annonce une vague de contenus familiaux qui misent sur l'authenticité de l'enfance, à mesure que le public se lasse de la perfection des influenceurs. Pas anodin que ce soit un professionnel de la création, habitué à fabriquer des images, qui réussisse le mieux à donner l'impression de ne pas en fabriquer. La question n'est pas de savoir si Small Talk touche, sa viralité le prouve, mais comment concilier ce plaisir partagé avec la protection de ceux qui en sont les vedettes malgré elles. La tendresse des réseaux a, elle aussi, ses zones grises. À écouter et regarder ensuite : les meilleurs podcasts français pour femmes et Samuel, la mini-série animée d'Arte. À suivre, épisode après épisode.
Crédit : @jorgecuevasjr
Publié le par Le Filtre