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Routine du matin : construire sa morning routine qui tient vraiment
Lever à 5 h 30, méditation, yoga, smoothie bowl, journal, lecture, et arrivée au bureau à 8 h fraîche comme une rose. La routine du matin des réseaux sociaux fait rêver. Reste à savoir si elle tient dans nos vraies journées. Et si on en construisait une à leur taille ?
Le réveil sonne, la main attrape le téléphone avant même d'avoir ouvert les yeux, et la journée démarre dans les mails, les notifications et le groupe WhatsApp de l'école. On a toutes essayé de faire mieux, souvent en copiant la routine d'une inconnue qui se lève à l'aube. Sauf que notre horloge interne n'a pas lu les mêmes posts.
Se lever à 5 h 30 n'a rien d'universel
L'idée qu'il faudrait se lever tôt pour bien vivre ne résiste pas à la chronobiologie. L'Inserm parle de chronotype : la tendance à être « plutôt du soir ou du matin », ou à avoir un chronotype intermédiaire. Le retard de phase (s'endormir tard et se réveiller spontanément tard) est même « relativement commun » chez les adolescents et les jeunes adultes. Caler son réveil sur celui d'une autre, c'est un peu comme emprunter ses chaussures : ça dépanne, rarement plus.
Ce qui compte davantage, c'est la régularité. Dans ses recommandations sur l'insomnie, la Haute Autorité de santé (HAS) conseille de garder une heure de lever fixe chaque matin, week-end compris. Une bonne nouvelle : c'est déjà le cas de beaucoup d'entre nous. Selon l'enquête de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) menée fin 2025, 83 % des Français se lèvent toujours ou souvent à la même heure. Moins réjouissant : ils dorment en moyenne 6 h 50 en semaine. Une routine qui commence par raboter le sommeil part donc avec un handicap.
La lumière du matin, alliée de l'horloge interne
S'il fallait garder un seul ingrédient, ce serait celui-là. Selon l'Inserm, la lumière du matin avance l'horloge biologique, quand celle du soir la retarde. Et le dossier de l'Inserm sur l'insomnie compte le manque d'exposition à la lumière naturelle parmi les facteurs qui dégradent le sommeil. Ouvrir les volets en grand, boire son café près de la fenêtre, faire à pied le trajet jusqu'à l'école ou au métro : la routine la plus utile ne coûte rien et ne demande aucun tapis de yoga.
Le téléphone, lui, mérite d'être tenu à distance. D'après la même enquête INSV, 58 % des Français dorment avec leur téléphone allumé près d'eux. Pas étonnant qu'il soit le premier objet touché au réveil. Le laisser dans une autre pièce, ou au moins hors de portée du lit, rend les premières minutes un peu plus à soi.
Une routine courte, mais choisie
Une routine du matin réaliste commence par l'heure à laquelle on se lève vraiment, enfants, transports et réunions de 9 h compris. Ensuite, on choisit peu de gestes. Un verre d'eau, quelques étirements, une page de roman, un café bu assise plutôt que debout devant le plan de travail. L'important est d'y glisser au moins un moment qui ne sert à rien de productif, juste à soi.
Ce qu'on peut laisser tomber sans culpabilité : le journal intime, si écrire ressemble à une corvée ; la méditation chronométrée, si elle ajoute une case à cocher ; et l'idée qu'une routine ratée un matin serait une routine ratée tout court. Aucune règle ne dit qu'il faut la suivre sept jours sur sept.
Une question aide à faire le tri : de quoi a-t-on besoin pour bien démarrer ? Du calme, de l'énergie, un moment seule, un vrai petit-déjeuner ? La bonne routine est celle qui répond à cette question-là, qu'elle dure dix minutes ou une heure.
Le smoothie bowl peut attendre. Les volets, eux, s'ouvrent en deux secondes.
Sources : Inserm (dossiers Chronobiologie et Insomnie), Haute Autorité de santé (recommandations SFTG-HAS sur l'insomnie), Institut national du sommeil et de la vigilance (enquête INSV / OpinionWay, décembre 2025).
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