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Retraite des femmes : anticiper et ne pas subir les inégalités de pension
À la retraite, les inégalités de salaire et de carrière ne disparaissent pas : elles se transforment en pension. L'écart se réduit, lentement. En attendant, quelques vérifications et un peu d'anticipation peuvent éviter de mauvaises surprises.
On parle volontiers d'écart salarial. Beaucoup moins de ce qu'il devient trente ou quarante ans plus tard. Selon les données de la DREES (direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) publiées en mai 2026, la pension de droit direct des femmes, celle qu'elles ont acquise par leur propre carrière, était fin 2024 inférieure de 36 % à celle des hommes. En ajoutant la pension de réversion, versée après le décès du conjoint, l'écart tombe à 25 %.
Un écart qui se réduit, mais pas vite
Le progrès est réel. Dans son panorama 2025, la DREES rappelait que l'écart de pension de droit direct atteignait 50 % en 2004. Fin 2023, les montants moyens de droit direct s'élevaient à 1 306 € bruts par mois pour les femmes, contre 2 089 € pour les hommes.
La réversion corrige une partie du décalage, mais elle suppose d'avoir été mariée et de survivre à son conjoint. Selon l'Insee, dans une publication de 2022, elle représentait 20 % de la retraite totale des femmes de 65 ans ou plus, contre environ 1 % pour les hommes. Une sécurité qui dépend donc beaucoup du statut conjugal.
La retraite garde la mémoire des carrières
L'écart reflète d'abord les parcours professionnels. L'Insee évoque des carrières féminines plus souvent incomplètes, et explique que les pensions des femmes les plus jeunes sont plus élevées que celles de leurs aînées, pour l'essentiel grâce à des carrières plus longues et des salaires plus élevés. Conséquence concrète des carrières incomplètes : dans la génération 1950, 19 % des femmes ont attendu 65 ans ou plus pour partir à la retraite afin d'éviter une décote, contre 10 % des hommes.
Certains dispositifs compensent en partie. L'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), créée en 1972, a permis à des mères de valider des trimestres supplémentaires, note l'Insee. Et les enfants ouvrent des droits, à condition de les faire valoir.
Vérifier son relevé de carrière, et déclarer ses enfants
Premier réflexe, à tout âge : consulter son relevé de carrière sur info-retraite.fr, dans le service « Voir ma carrière ». Le site invite à vérifier les noms des employeurs, la nature des activités, les interruptions de carrière et les salaires enregistrés. Une période signalée en orange signifie qu'il manque des informations, et le portail propose un service de correction de carrière.
Côté enfants, au régime général, une mère peut obtenir jusqu'à 8 trimestres supplémentaires par enfant, selon l'Assurance retraite : 4 au titre de la maternité ou de l'adoption et 4 au titre de l'éducation, sous conditions. Pour les enfants nés ou adoptés à partir de 2010, une partie des trimestres d'éducation peut être attribuée au père, le choix devant être exprimé dans les six mois qui suivent le quatrième anniversaire de l'enfant ; sans choix, ils reviennent à la mère, précise la FAQ de l'Assurance retraite. Ces trimestres ne tombent pas tout seuls : il faut utiliser le service « Déclarer mes enfants » sur info-retraite.fr. Enfin, un congé parental d'éducation donne droit à une majoration égale à sa durée, qui ne se cumule pas avec les trimestres maternité ou éducation pour le même enfant.
Épargner tôt : le temps fait une partie du travail
Reste l'épargne personnelle, avec un allié de taille : les intérêts composés. Prenons un exemple hypothétique, avec un rendement constant de 4 % par an, ce qu'aucun placement ne garantit. 100 € versés chaque mois de 35 à 65 ans donnent environ 68 500 €, pour 36 000 € versés. Les mêmes 100 € de 50 à 65 ans donnent environ 24 500 €, pour 18 000 € versés. Avant frais et impôts, et sans garantie.
Le plan d'épargne retraite (PER) individuel existe depuis le 1er octobre 2019, à la suite de la loi Pacte, rappelle le ministère de l'Économie. Tout adulte peut en ouvrir un, quel que soit son statut. Les versements sont déductibles du revenu imposable jusqu'à 70 ans, dans la limite d'un plafond personnel indiqué sur l'avis d'impôt (rubrique « Plafond épargne retraite »). En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf dans six cas, dont l'achat de la résidence principale, et la sortie est imposée lorsque les versements ont été déduits. L'assurance-vie, plus souple, offre après huit ans un abattement annuel de 4 600 € sur les gains retirés (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune), selon le même ministère.
Dans les deux cas, les supports investis en actions comportent un risque de perte en capital, rappelle l'Autorité des marchés financiers. Le choix entre PER, assurance-vie ou les deux dépend de la fiscalité, du statut et des projets de chacune : il se fait avec un professionnel, conseiller bancaire ou conseiller en investissements financiers enregistré à l'ORIAS.
Préparer sa retraite à 35 ans paraît abstrait. C'est pourtant à cet âge que le temps travaille le plus pour nous.
Sources : DREES (« Les retraités et les retraites », édition 2025 ; données 2024 publiées en mai 2026), Insee (« Femmes et hommes, l'égalité en question », édition 2022), info-retraite.fr, L'Assurance retraite, ministère de l'Économie, Autorité des marchés financiers. Informations à jour en octobre 2026.
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