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Gestion du temps : quatre méthodes pour reprendre le contrôle

Dimanche soir, la semaine qui arrive ressemble déjà à un train qu'on regarde partir. Les méthodes de gestion du temps promettent de nous remettre aux commandes. Petit tri entre leur histoire réelle, ce qu'elles proposent et ce qu'on peut en garder.

Gestion du temps : quatre méthodes pour reprendre le contrôle

Une liste de tâches qui s'allonge plus vite qu'on ne la raye, des journées découpées en morceaux, la sensation de courir sans avancer : le tableau est familier. Les applications et les livres de productivité ne manquent pas. Sauf qu'avant de choisir une méthode, il faut regarder honnêtement à quoi ressemble notre temps.

Un temps de travail qui ne s'arrête pas au bureau

L'Insee a mesuré la chose dans son enquête Emploi du temps de 2009-2010. En moyenne, les femmes consacraient 3 h 52 par jour aux tâches domestiques, contre 2 h 24 pour les hommes, selon l'Insee. Comme les hommes passaient davantage de temps au travail professionnel, l'écart total était plus modeste : en additionnant temps professionnel (formation comprise) et temps domestique du tableau de l'Insee, on arrive à environ 12 minutes de plus par jour pour les femmes. Ces chiffres ont plus de quinze ans, mais ils rappellent une chose : beaucoup de journées sont fragmentées par des tâches qui n'apparaissent dans aucun agenda.

D'où l'intérêt de méthodes simples, qui s'adaptent à des journées hachées plutôt que de supposer huit heures de concentration ininterrompue.

La tomate de Francesco Cirillo

La méthode Pomodoro est née d'un minuteur de cuisine en forme de tomate, « pomodoro » en italien. Francesco Cirillo a commencé à la développer dans les années 1980, alors qu'il était étudiant à l'université, comme une petite expérience pour rester concentré sur une courte durée, raconte le site officiel de la méthode. Le chiffre qu'on lui associe le plus est 25 minutes, et le site insiste sur les pauses régulières qui protègent la concentration. Il consacre d'ailleurs une rubrique, « More than 25 minutes », à rappeler que la méthode ne se résume pas à ce minutage.

Son intérêt tient moins au chiffre qu'à la permission qu'elle donne. La pause est prévue, donc on la prend sans se sentir coupable. Rien n'empêche d'allonger les sessions si une tâche le demande : le minuteur est un outil, pas un juge.

Urgent ou important ? La question d'Eisenhower

Le principe de la matrice d'Eisenhower : croiser deux critères, l'urgence et l'importance, pour ranger les tâches en quatre cases. Ce qu'on fait tout de suite, ce qu'on planifie, ce qu'on délègue, ce qu'on abandonne. La distinction remonte à un discours du président américain, le 19 août 1954 à Evanston, dans l'Illinois. Il y expliquait avoir deux sortes de problèmes, les urgents et les importants, les premiers n'étant pas importants et les seconds jamais urgents, d'après la transcription de son discours. Détail savoureux : Eisenhower attribuait lui-même la formule à un ancien président d'université, sans le nommer.

Le grand mérite de l'exercice est la dernière case. On passe beaucoup de temps à mieux organiser des tâches qu'on pourrait tout simplement ne pas faire.

Deux minutes, puis une revue chaque semaine

Premier réflexe, tout simple : quand une tâche prend moins de deux minutes, la faire tout de suite plutôt que de la noter. Répondre à un message de confirmation, ranger un papier, prendre un rendez-vous : autant de petites choses qui encombrent la tête bien plus longtemps qu'elles n'occupent les mains.

Pour le reste, il faut un rendez-vous avec sa liste. La méthode Getting Things Done de David Allen, traduite en français sous le titre S'organiser pour réussir (Leduc.s, 2008, puis Alisio, selon le catalogue de la BnF), en fait une étape à part entière : son site officiel recommande de passer régulièrement en revue l'ensemble de son système pour reprendre le contrôle. Une demi-heure en fin de semaine suffit pour regarder ce qui a été fait, ce qui reste, et décider pour chaque élément de le garder, de le confier à quelqu'un ou de le rayer.

Dernière piste, sans inventeur à citer : réserver chaque jour un seul bloc protégé pour la tâche qui compte le plus, et laisser le reste de la journée absorber les imprévus. L'idée est modeste : garantir qu'au moins une chose importante avance.

Aucune de ces méthodes ne crée des heures supplémentaires. Oliver Burkeman en a même fait le sujet d'un livre, 4000 semaines (First, 2025) : selon sa présentation, c'est à peine plus que ce qu'aura vécu une personne qui atteint 80 ans. De quoi relativiser la liste du lundi.

Sources : Insee (enquête Emploi du temps 2009-2010), site officiel de la technique Pomodoro, transcription du discours d'Eisenhower (American Presidency Project), site officiel Getting Things Done, catalogue de la BnF.

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