Le Filtre

Lifestyle

Désencombrer son appartement : une méthode pour le faire (et ne pas rechuter)

Le grand tri, beaucoup l'ont déjà fait. Les cartons « à voir » descendus à la cave, les ventes en ligne, le soulagement. Puis, quelques mois plus tard, les étagères pleines à nouveau. Avant de choisir une méthode, mieux vaut comprendre pourquoi les objets reviennent.

Désencombrer son appartement : une méthode pour le faire (et ne pas rechuter)

Le câble dont on ne connaît plus l'appareil. Le pull jamais porté, gardé parce qu'il a coûté cher. Le vase offert par une tante, conservé par politesse. Chaque objet, pris seul, a une bonne raison de rester. Ensemble, ils remplissent un appartement.

Pourquoi on garde tout, même ce qui ne sert pas

Les économistes du comportement ont un nom pour une partie de ce réflexe : l'effet de dotation. En 1990, Daniel Kahneman, Jack Knetsch et Richard Thaler ont distribué au hasard des mugs à la moitié des participants d'une expérience, puis organisé un petit marché. Résultat publié dans le Journal of Political Economy : les propriétaires demandaient bien plus pour céder leur mug que les autres n'étaient prêts à payer pour l'acheter, et nettement moins d'échanges ont eu lieu que ne le prévoyait la théorie. Dès qu'un objet est à nous, il vaut davantage à nos yeux.

Mettre un nom sur ce mécanisme ne le fait pas disparaître. Mais il aide à distinguer un vrai attachement d'un simple réflexe de propriétaire. Le pull hors de prix n'a pas plus de valeur parce qu'il dort dans le placard.

L'autre moteur, c'est l'entrée. On achète pour se faire plaisir un soir de fatigue, pendant les soldes, ou parce qu'un site propose la livraison gratuite à partir d'un certain montant. Désencombrer sans regarder ce qui entre, c'est vider la baignoire robinet ouvert.

Trier d'un coup ou zone par zone ?

Les méthodes ne sont pas d'accord. Marie Kondo défend un rangement d'un seul élan, catégorie par catégorie, et estime que ranger pièce par pièce mène tout droit au retour du désordre. Elle admet toutefois que ce grand tri peut durer plusieurs semaines. D'autres approches préfèrent avancer petit à petit. Chacune a ses adeptes.

Le plus réaliste est donc de choisir ce qui tient dans notre emploi du temps. Si l'on avance progressivement, on peut commencer par les zones de friction, celles qui agacent chaque jour : le plan de travail de la cuisine, l'entrée, la table de nuit. Le bénéfice se voit tout de suite, et c'est souvent ce qui donne envie de continuer.

Pour les objets ambigus, une règle simple : si on ne se souvient pas de la dernière fois qu'on s'en est servi, et qu'aucune occasion précise et datée n'est prévue dans les six prochains mois, il peut partir. Les « au cas où » ne comptent pas comme une occasion.

Ce qui part ne doit pas finir à la poubelle

Les vêtements, chaussures et le linge de maison, même troués ou tachés, se déposent dans l'un des plus de 47 000 points de collecte référencés par Refashion, l'éco-organisme de la filière, à condition d'être propres et secs. Il y a du chemin à faire : selon son baromètre 2025, 9,8 kg de textiles et chaussures par habitant finissent encore chaque année dans les ordures ménagères.

Pour le reste (meubles, électroménager, vaisselle, livres), le site public Longue vie aux objets, développé par l'Ademe et le ministère de la Transition écologique, recense les professionnels de l'occasion, de la réparation et du don près de chez soi. Les associations, les dépôts-ventes et les plateformes de seconde main comme Vinted complètent le tableau.

Ne pas rechuter : trois règles pour la suite

Les soldes. Une question suffit : aurait-on acheté cet objet au prix plein ? Si la réponse est non, la remise ne le rend pas plus utile.

Les achats en ligne du soir. On met au panier, on attend 48 heures, puis on décide. Et si l'achat est déjà fait, il reste un filet de sécurité : pour un achat à distance, on dispose d'au moins 14 jours pour se rétracter à partir de la réception du bien, sans avoir à se justifier, rappelle le ministère de l'Économie. Les frais de retour peuvent rester à notre charge si le vendeur l'a indiqué, et certains achats sont exclus : mieux vaut vérifier avant.

Les cadeaux. Dire à ses proches ce qui nous ferait vraiment plaisir (une sortie, un consommable, rien du tout) soulage souvent tout le monde.

On sait que c'est réussi le jour où l'appartement devient un endroit où l'on vit, et plus un endroit qu'on gère. Il n'y a pas de date pour ce moment-là. Mais on le reconnaît quand il arrive.

Sources : Kahneman, Knetsch et Thaler, Journal of Political Economy (1990), KonMari (konmari.com), Refashion, ministère de la Transition écologique, ministère de l'Économie.

Publié le

À lire aussi sur Le Filtre