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Bonne affaire : les must have design d’IKEA
Must have design IKEA : derrière Billy et Lack, le catalogue contient des pépites méconnues sélectionnées par Domino : enceinte Vappeby, lampe Glasönskan, chaise Vegby revisitée par Ilse Crawford. Décryptage d'un design accessible qui bascule du meuble étudiant au collectible recherché.
Le catalogue IKEA n'est pas que Billy, Lack et Frosta
L'étagère Billy existe depuis 1979. La table Lack est un classique. Le tabouret Frosta également. Ces meubles peuplent une part très large des foyers européens. Mais le catalogue contient aussi, plus discrètement, des objets de design qui circulent peu sur Pinterest et passent inaperçus en magasin. Le magazine américain Domino a sélectionné une liste de trésors méconnus dans les collections récentes : enceinte Bluetooth rétro Vappeby, lampes seventies, chaise revisitée par Ilse Crawford, services à thé signés par des designers invités. La presse féminine a relayé que les ventes de la collection Vappeby ont sensiblement augmenté depuis sa mention dans la presse design. Pas anodin que la critique design indépendante (Apartamento, Wallpaper) commence à citer IKEA aux côtés de Vitra et Knoll, ce qu'elle ne faisait pas il y a quinze ans.
Pourquoi le design IKEA est sous-estimé, et ce que les vraies pépites partagent
L'IKEA Foundation collabore depuis longtemps avec des designers reconnus : Hella Jongerius, Ilse Crawford, Tom Dixon, Virgil Abloh (jusqu'à sa disparition en 2021). Leurs collaborations sortent souvent en éditions limitées (PS, ÅVEN, MARKERAD), à des prix qui restent bien inférieurs aux signatures équivalentes chez Vitra ou Cassina. Plusieurs journalistes design soulignent que la dernière collaboration MARKERAD avec Virgil Abloh circule désormais en seconde main à des prix supérieurs au neuf de l'époque. Une part croissante des marketplaces de design vintage incluent désormais des pièces IKEA d'occasion. Ce qui frappe, c'est que le statut culturel d'IKEA bascule sous nos yeux : du meuble de transition pour étudiants à la signature collectible pour amateurs avertis.
Le revers : la collection limitée crée la rareté, et l'inflation
Le paradoxe est là. IKEA fonde sa promesse historique sur le design accessible. Les collections capsules (PS, MARKERAD) introduisent une logique de rareté qui contredit ce principe. Plusieurs enquêtes presse documentent les pratiques de reseller IKEA : des particuliers achètent en pré-commande puis revendent à plusieurs fois le prix sur les plateformes de seconde main. Marcus Engman, ancien directeur du design d'IKEA, a publiquement reconnu que la stratégie capsule pose un problème éthique pour une marque qui s'est construite sur la démocratie du design. Ce qui coince, c'est que les pépites circulent vite, créent un effet boule de neige, et alimentent une spéculation que les acheteurs originaux n'attendaient pas. Reste à voir si IKEA limitera ses capsules ou les multipliera, sachant que le segment continue de croître.
Ce que la collection IKEA méconnue annonce pour le marché
Le mouvement dépasse Billy. Le segment 'design accessible' (sub-1000 euros, signé) a sensiblement grandi ces dernières années, porté par IKEA, HAY, Muji et d'autres acteurs nordiques. Le rachat de la marque danoise HAY par Herman Miller a marqué la consolidation du secteur. La filiation se voit avec Tout ce qu'on ne sait pas sur Studio Ghibli, même grammaire d'univers méconnu derrière la façade familière. Et côté podcasts, l'écho avec le podcast culte de la fashion sphère tient sur le fond : la sélection d'amateurs avertis devient le filtre de référence quand les magazines traditionnels s'épuisent. Question ouverte : combien d'années avant qu'un meuble IKEA des années 1990 entre dans une collection muséale ?
Crédit : Domino
Publié le par Le Filtre