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ChatGPT, nouveau confident : ce que disent les études

Conseils, grandes questions, coups de mou : ce que les analyses du Washington Post, d'OpenAI et du MIT révèlent de nos conversations de plus en plus personnelles avec ChatGPT.

ChatGPT, nouveau confident : ce que disent les études

Un mail à corriger, une recette pour trois courgettes qui agonisent dans le frigo… et, quelques prompts plus tard, on se surprend à demander à ChatGPT si notre relation est vraiment saine. L'outil pensé pour nous faire gagner du temps au bureau s'est glissé dans des conversations beaucoup plus personnelles.

Sauf qu'entre l'impression et la réalité, il y a des chiffres. Plusieurs analyses publiées depuis 2025 permettent de mesurer ce qu'on raconte vraiment à l'IA. Et ce que ça dit de nous.

ChatGPT, un outil devenu d'abord personnel

L'IA générative n'est plus un gadget de geeks. En France, 48 % de la population l'utilise, soit 15 points de plus en un an, selon le Baromètre du numérique publié en février 2026 par l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT. Plus d'un utilisateur sur trois s'en sert tous les jours.

Et on ne s'en sert pas que pour travailler. Une étude menée par OpenAI avec l'économiste de Harvard David Deming, sur 1,5 million de conversations, montre qu'environ 7 messages sur 10 envoyés à ChatGPT n'ont rien à voir avec le travail. Bref, l'outil censé révolutionner nos réunions sert surtout une fois qu'elles sont terminées.

Que demande-t-on à ChatGPT ? Surtout des conseils

La même étude classe les messages en trois familles. 49 % relèvent du « Asking » : chercher une information, demander une explication, solliciter un avis avant de prendre une décision. 40 % relèvent du « Doing » (rédiger, coder, planifier) et 11 % de l'« Expressing », quand on exprime quelque chose sans attendre de tâche précise.

Autrement dit, ChatGPT est moins un assistant qui exécute qu'un interlocuteur à qui l'on pose des questions. Ce qui commence à ressembler à la définition d'un confident.

Ce qu'on raconte à ChatGPT quand personne ne regarde

Pour aller plus loin, le Washington Post a analysé 47 000 conversations que des utilisateurs avaient eux-mêmes rendues publiques via des liens de partage, entre juin 2024 et août 2025 (on vous avait d'ailleurs déjà détaillé ce que les gens racontent vraiment à ChatGPT). Plus d'une conversation sur dix porte sur des réflexions abstraites, jusqu'à des croyances personnelles sur la nature de la réalité. Le café-philo n'est pas mort. Il a simplement une barre de saisie.

Et puis il y a l'intime. Dans environ 10 % des échanges, les utilisateurs parlent de leurs émotions au chatbot.

Pourquoi se confie-t-on si facilement à ChatGPT ?

D'abord parce qu'elle est disponible à 2 h 17 du matin, qu'elle ne soupire pas quand on repose la même question pour la quatrième fois et qu'elle répond dans la seconde. Aucun ami, même très patient, ne coche toutes ces cases.

Ensuite parce qu'une IA conversationnelle a tendance à aller dans notre sens. Dans l'analyse du Washington Post, ChatGPT commençait ses réponses par une variante de « oui » dix fois plus souvent que par une variante de « non ». Agréable pour l'ego. Moins pour l'esprit critique, surtout quand on lui demande si on a eu raison d'envoyer ce message à 1 heure du matin.

Confier ses émotions à ChatGPT : un usage encore rare

Faut-il s'inquiéter pour autant ? Les chiffres invitent à la nuance. En mars 2025, OpenAI et le MIT Media Lab ont publié deux études complémentaires : l'analyse de près de 40 millions d'interactions et un essai mené auprès de près de 1 000 participants pendant quatre semaines. Leur constat : l'engagement émotionnel avec ChatGPT reste rare dans l'usage réel et, même parmi les gros utilisateurs, les échanges très affectifs se concentrent chez un petit groupe.

Les chercheurs relèvent en revanche que les personnes qui utilisent le plus ChatGPT au quotidien rapportent davantage de solitude, comme l'a souligné Fortune. Une corrélation, pas une preuve : ces travaux ne permettent pas de dire que ChatGPT en est la cause.

Le sujet déborde d'ailleurs largement de l'écran : on s'est aussi penchées sur l'impact de l'IA sur le couple selon Esther Perel.

ChatGPT peut-il remplacer un confident ou un psy ?

Un chatbot peut aider à mettre des mots sur une situation, à préparer une conversation difficile ou à démêler une décision. Mais il n'est ni un proche, ni un professionnel de santé. Quand un mal-être s'installe et dure, le bon réflexe reste d'en parler à quelqu'un : un proche, son médecin traitant ou un psychologue. On a consacré un article à l'épuisement mental chez la femme pour savoir quand s'alerter.

Le paradoxe est assez neuf. On a inventé un outil pour obtenir des réponses. Et une partie de son succès tient peut-être au simple fait qu'il répond toujours.

FAQ : ChatGPT, confident ou outil ?

Quelle part des conversations avec ChatGPT est personnelle ?

Environ 7 messages sur 10 envoyés à ChatGPT ne sont pas liés au travail, selon l'étude d'OpenAI et de l'économiste David Deming portant sur 1,5 million de conversations.

Parle-t-on souvent de ses émotions à ChatGPT ?

Dans les 47 000 conversations partagées analysées par le Washington Post, environ 10 % abordent les émotions. À l'échelle de l'usage réel, OpenAI et le MIT Media Lab jugent ces échanges très affectifs rares et concentrés chez un petit groupe d'utilisateurs.

Utiliser beaucoup ChatGPT rend-il plus seul ?

Les plus gros utilisateurs rapportent davantage de solitude, mais les travaux d'OpenAI et du MIT ne permettent pas de conclure que ChatGPT en est la cause.

Combien de Français utilisent l'IA générative ?

48 % de la population française, selon le Baromètre du numérique publié en février 2026.

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Sources : Arcep, Arcom, CGE et ANCT (Baromètre du numérique 2026) ; OpenAI et David Deming, « How People Use ChatGPT » (NBER, 2025) ; The Washington Post (novembre 2025), via Benton Institute et beSpacific ; OpenAI et MIT Media Lab (mars 2025) ; Fortune.

Publié le par Julie

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