Le Filtre

Health

Les changements silencieux du corps de la femme entre 38 et 50 ans

Et si le vrai tournant n'était pas la ménopause, mais la décennie qui la précède ? Os, muscles, sommeil, cœur : les quatre changements de la périménopause les mieux documentés.

Les changements silencieux du corps de la femme entre 38 et 50 ans

La ménopause n'est peut-être pas le vrai tournant. Pour de plus en plus de chercheurs, c'est la décennie qui la précède, la périménopause, qui mérite toute notre attention. Une période où le corps change déjà, discrètement, sans toujours nous prévenir. Voici les quatre transformations les mieux documentées par la recherche.

La périménopause, une transition plus longue qu'on ne le croit

Pendant longtemps, on a parlé de la ménopause comme d'une ligne d'arrivée, avec un avant et un après. Pourtant, les chercheurs décrivent aujourd'hui une période beaucoup plus longue : la périménopause.

Elle dure à peu près 12 ans, mais ses effets n'apparaissent qu'à partir de la 9e année. Cette transition peut commencer dès la fin de la trentaine ou au début de la quarantaine, souvent sans qu'on s'en rende compte.

1. Les os commencent à perdre de leur densité

Quand on pense ostéoporose, on imagine souvent les décennies qui suivent la ménopause. En réalité, la perte osseuse débute avant.

L'étude américaine SWAN, qui a suivi plus de 1 000 femmes pendant plusieurs années, montre que la densité osseuse commence à diminuer environ un an avant les dernières règles, puis accélère pendant les années suivantes. Autrement dit : quand le diagnostic tombe, une partie du phénomène est déjà en cours.

Ce qui est conseillé : faire des exercices avec des poids et effectuer un examen de la densité osseuse dès le début de la périménopause.

2. Le corps change, même si le poids reste le même

« Je pèse toujours pareil. » C'est justement ce qui peut être trompeur. Au cours de cette période, plusieurs études montrent que la masse musculaire diminue progressivement tandis que la masse grasse augmente. La balance ne bouge parfois presque pas, mais la composition du corps, elle, change bel et bien.

Ce qui est conseillé : privilégier des activités de renforcement musculaire, pas seulement le cardio.

3. Les réveils à 3 heures du matin ne sont pas toujours liés au stress

De nombreuses femmes racontent la même chose : s'endormir sans difficulté, puis se réveiller au milieu de la nuit sans réussir à retrouver le sommeil.

31 % à 42 % des femmes disent avoir un sommeil perturbé durant leur ménopause, mais le phénomène apparaît souvent dès la périménopause. Les chercheurs pensent que les variations hormonales modifient notamment la température corporelle et certains rythmes biologiques impliqués dans le sommeil.

Ce qui est conseillé : refroidir votre chambre, vous caler sur des horaires de sommeil réguliers et aborder le traitement hormonal de la ménopause (THM) avec votre médecin traitant.

4. Le risque cardiovasculaire commence lui aussi à évoluer

Une analyse portant sur 18 études a montré que le risque cardiovasculaire double chez une femme en post-ménopause par rapport à une femme en pré-ménopause.

Pourquoi ? Parce que les œstrogènes jouent un rôle protecteur sur les vaisseaux sanguins et le métabolisme. Lorsque leur production diminue progressivement, cette protection s'atténue. Et là encore, la transition commence avant que la ménopause ne soit officiellement installée.

Ce qui est conseillé : en plus d'un bilan sanguin classique, demander à votre médecin si certains examens peuvent être utiles selon votre situation, comme l'ApoB (un marqueur plus précis du risque cardiovasculaire), l'insuline à jeun ou la lipoprotéine(a).

Périménopause : miser sur la prévention

Le plus surprenant ? La plupart de ces changements sont silencieux. Ils ne provoquent pas forcément de symptômes spectaculaires, mais s'installent progressivement pendant plusieurs années. Voilà pourquoi de plus en plus de spécialistes parlent aujourd'hui de prévention avant la ménopause, plutôt qu'après. La périménopause n'est pas une salle d'attente : c'est le bon moment pour prendre les devants.

Publié le par Le Filtre

À lire aussi sur Le Filtre