Health
Le culte de l'extrême minceur est de retour et c'est une mauvaise nouvelle pour la santé des femmes
Extrême minceur et santé des femmes : muscles, hormones, densité osseuse. Ce que dit la science sur un idéal qui revient en force sur les tapis rouges.
Depuis plusieurs mois, les silhouettes très amaigries se multiplient sur les tapis rouges et les défilés. Si certaines réactions relèvent du body-shaming, d'autres alertent sur un vrai sujet : ce que la banalisation de l'extrême minceur peut représenter pour la santé des femmes. Ici, pas question de juger des corps, mais de regarder ce que dit la science.
Le culte de l'extrême minceur refait surface
Épaules saillantes, clavicules visibles, côtes apparentes : les images de silhouettes très amaigries suscitent de nombreuses réactions.
Le problème n'est pas de commenter ou de diagnostiquer ces corps. Il s'agit plutôt de s'interroger sur l'idéal que ces images contribuent, volontairement ou non, à rendre désirable.
Restriction et masse musculaire : un enjeu pour bien vieillir
Une restriction importante peut entraîner une perte de masse musculaire, alors même que celle-ci diminue naturellement avec l'âge.
Or, la force musculaire est un marqueur important du vieillissement en bonne santé : une méta-analyse portant sur près de 2 millions de personnes l'associe à un risque plus faible de mortalité. Moins de muscle, c'est aussi plus de risques de chutes, de fractures et de perte d'autonomie.
Quand le manque d'énergie perturbe les hormones
Lorsque l'organisme manque durablement d'énergie, il peut mettre certaines fonctions hormonales en veille, notamment la fonction reproductive.
Chez les femmes souffrant de troubles alimentaires, l'aménorrhée est notamment associée à une densité osseuse plus faible. Le problème n'est donc pas seulement le poids : c'est aussi ce que la restriction fait au fonctionnement de l'organisme.
La densité osseuse, l'enjeu souvent oublié
Une analyse portant sur plus de 4 000 femmes souffrant de troubles alimentaires a retrouvé une association entre faible masse grasse, faible masse maigre et moindre densité osseuse.
À long terme, cela augmente le risque d'ostéoporose et de fractures, deux facteurs majeurs de perte d'autonomie avec l'âge.
Un idéal de minceur qui ne reste pas sur les tapis rouges
Le vrai problème, c'est que cet idéal ne reste pas cantonné aux tapis rouges. Les préoccupations autour du poids et de la silhouette ne disparaissent pas avec l'âge.
Une étude menée auprès de 1 849 femmes de 50 ans et plus a retrouvé des comportements de restriction, de contrôle du corps et des préoccupations liées au poids largement présents dans cette population.
Extrême minceur et santé des femmes : deux idéaux qui ne se rejoignent pas
Le corps que la culture populaire valorise n'est donc pas nécessairement celui que la science associe au vieillissement en bonne santé. Face au retour du culte de l'extrême minceur, garder cette nuance en tête, c'est déjà prendre soin de la santé des femmes, à tout âge.
Publié le par Le Filtre