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Chronique

La nonchalance est-elle le secret du bonheur ?

Arrêter de se soucier du regard des autres sans s'anesthésier : et si la nonchalance était la réponse ? À condition de choisir la bonne, celle des stoïciens.

La nonchalance est-elle le secret du bonheur ?

Peut-on arrêter de se soucier du regard des autres, sans pour autant s'anesthésier, et vivre heureux ? C'est la question qu'on se pose tous. Et il se pourrait que la nonchalance en soit la réponse. Encore faut-il savoir de quelle nonchalance on parle.

La peur du cringe, ce frein invisible

55 % des jeunes adultes s'autocensurent activement par peur d'être perçus comme « cringe ». Ils n'osent plus partager leurs opinions, leurs ambitions, leurs émotions. Pas par manque de confiance, mais par excès de regard sur eux-mêmes.

Et si le problème n'était pas ce que les autres pensent, mais l'énergie qu'on dépense à imaginer ce que les autres pensent ?

Pourquoi le regard des autres nous importe autant ?

Notre cerveau est câblé pour éviter à tout prix d'être exclu, moqué et jugé. Pour nos ancêtres, être rejeté était littéralement dangereux pour la survie.

Le souci, c'est qu'aujourd'hui le cerveau traite la honte anticipée comme une urgence réelle. Il mobilise les mêmes ressources que face à un prédateur, mais pour gérer le regard des autres à travers des stories Instagram, le dating ou le networking professionnel.

La peur du regret surpasse la peur du cringe

La chercheuse Bronnie Ware a passé des années auprès de personnes en fin de vie. Le regret numéro un qu'elle a recueilli : « J'aurais voulu avoir le courage de vivre une vie fidèle à moi-même, et non la vie que les autres attendaient de moi. »

Personne ne regrette d'avoir été trop authentique. Presque tout le monde regrette de s'être trop retenu.

La nonchalance, secret du bonheur ? Ça dépend laquelle

Il y a d'abord la nonchalance comme esthétique je-m'en-foutiste. Une posture défensive qui dit « je ne suis pas concerné », qui prône le détachement feint, l'air de celui ou celle que rien ne peut atteindre. Sauf que c'est de l'évitement déguisé en liberté. On ne s'en fout pas vraiment : on fait semblant pour ne pas avoir à essayer, à s'exposer, à risquer. Cette nonchalance esthétique protège de la honte, pas plus.

Et puis il y a la nonchalance stoïcienne, qui est un tri actif. Selon ce principe, il existe ce qui dépend de nous (nos pensées, nos choix, nos actions) et ce qui n'en dépend pas (les opinions des autres, les événements extérieurs, le regard qu'on pose sur nous). S'épuiser sur la deuxième catégorie, c'est perdre sa vie intérieure pour rien.

Le filtre memento mori, l'outil à garder sous la main

La prochaine fois que vous tournez en rond sur le regard des autres, posez-vous ces questions issues de la pratique stoïcienne :

  • Est-ce que ça comptera sur mon lit de mort ? Si non, on lâche prise.

  • Est-ce que j'évite quelque chose par peur ou par choix réel ?

  • Est-ce que je dis oui par obligation ou par désir ?

Posées régulièrement, ces questions changent ce à quoi vous décidez de répondre, ou pas. Finalement, la nonchalance qui mène au bonheur n'est pas celle qui fait semblant de s'en ficher. C'est celle qui choisit, en conscience, ce qui mérite son énergie.

Sources : travaux de Bronnie Ware

Publié le par Le Filtre

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